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Les idées nouvelles de Robespierre
Portrait de Maximilien Robespierre par Madame Labille-Guiard
Son
entrée en politique, Maximilien va l'effectuer en 1788 alors qu il
a tout juste 30 ans et qu'il est encore avocat
à Arras.
A l'annonce de la convocation des Etats Généraux, Il publia son "Appel à la Nation artésienne sur la nécessité de réformer les Etats d 'Artois"
Considérant Louis XVI comme "le Père du peuple, comme la Providence", il conjurait le roi "d'opérer une révolution, de former à la face du ciel et de la terre, cette alliance immortelle qui doit réconcilier la politique humaine avec la morale". Alors, écrit-il à ce moment, "le bonheur des peuples sera celui des rois"
Plus loin, il suppliait le roi:
"Ah ! Sire, hâtez-vous de saisir ce moment. Prenez en pitié une nation illustre qui vous aime et faites qu'il y ait au moins sur la terre, un peuple heureux"
Puis Maximilien fut choisi par les savetiers mineurs pour les aider à rédiger leur cahier de doléances. Il s'agissait de la corporation la plus miséreuse. C'est eux qui avaient demandé l'aide de cet avocat dont la réputation était d'être probe et besogneux
Le 26 avril 1789, il fut élu député d'Artois. A 10 jours près, il n'avait pas encore 31 ans.
Il savait que des temps nouveaux s'annonçaient. Son idéalisme, sa grandeur d'âme lui faisaient croire que se lèvait l'aube d'une fraternité généreuse. Mais, n'étaient-ils nombreux, à ce moment là en rejoignant Versailles, à avoir cet état d'esprit?
Ses débuts à la tribune de l'Assemblée Constituante furent timides et certains n'hésitèrent pas à l'opposer à Mirabeau dit "la torche de Provence" en le surnommant "la chandelle d'Arras". Pour l'heure Mirabeau et Maximilien aspiraient encore au même idéal; 1' espoir d'une meilleure justice sociale
Puis, ostensiblement, les interventions de Maximilien à la tribune devinrent de plus en plus nombreuses et si elles échouaient en général devant l'Assemblée, étaient-elles reproduites et commentées favorablement dans les journaux ouverts à la Révolution. Par leur intermédiaire, la quasi solitude de Maximilien parmi les députés va se trouver compensée et même plus, par tous ces quotidiens, il va accroître sa popularité auprès de l'opinion publique.
Durant tout le temps que va durer l'Assemblée Constituante (9 juillet 1789 au 30 septembre 1791), Maximilien Robespierre va présenter des idées nouvelles, inédites à cette époque, peut-être utopiques. Robespierre n'était-il pas un visionnaire ?
C est ainsi qu'il va défendre son projet de Déclaration des Droits de l'Homme. Concernant la liberté individuelle, Robespierre a tout de même réussi à faire introduire une disposition sévère contre ceux qui rendraient ou exécuteraient des ordres arbitraires.
C est dans le même esprit qu'il défendit la liberté de la presse et qu'il s'opposa au droit de veto à accorder au roi.
Courageusement, il ira jusqu'à réclamer le principe du Suffrage Universel. L'on n'ose imaginer le tollé dans la salle. La grande majorité resta insensible "à la défense des intérêts du peuple" évoquée par l'orateur.
Dans le même temps, Maximilien était extrêmement assidu, tant aux séances de l'Assemblée que celles, le soir, des Jacobins. D'ailleurs, ce club s'était considérablement développé au cours de ces derniers mois. Il s'était ouvert au "petit peuple", une sorte de Quatrième Etat. Voila un auditoire qui écoutait Robespierre, le respectait et le soutenait.
Imperturbable, impénétrable, Maximilien suivait la voie qu'il s'était tracée, à savoir, obtenir les bases d'une justice plus équitable; améliorer le sort des défavorisés; combattre la corruption. De plus, il lui fallait tenir compte des autres: un roi qui ne pensait pas un mot de ce qu'il disait ou promettait; une aristocratie bien déterminée à mener des actions contre-révolutionnaires; et surtout, une Assemblée divisée dont les clans se révèlaient chaque jour un peu plus intrigants.
Il oeuvra aussi pour la suppression des lettres de cachet ou encore pour l'abolition de l'esclavage dans les Colonies.
Puis, il relança une nouvelle fois et sans succès, le débat au sujet de la disposition qui prive les pauvres du droit de vote. Dans son journal, Marat va alors écrire
"M de Robespierre est le seul député qui paraisse instruit des grands principes et peut-être le seul vrai patriote qui siège dans le Sénat"
En se prononçant contre le "marc d'argent", il déclara :
"Est-ce pour retomber sous le joug de l'aristocratie des riches, la plus insupportable de toutes, que le peuple a brisé avec vous le joug de l'aristocratie féodale?"
Là encore, il ne fut pas suivi. Seuls les plus fortunés auront le droit de se présenter aux élections.
Ainsi, au cours de ces cinq ans de Révolution, Maximilien va, avec ardeur, opiniâtreté, quelquefois avec cinquante, cent ou deux cents ans d'avance, défendre son programme politique
- suffrage universel et direct pour tous les citoyens
- le droit de porter les armes (accès aux grades militaires pour tous)
- la liberté de parole, de la presse et du théâtre.
- l'abolition de la censure
- l'instruction publique obligatoire
- le référendum
- le droit au travail
- une aide de l'Etat aux chômeurs, aux vieillards et aux infirmes
- la progressivité de l'impôt sur le revenu et les successions
- pour les prêtres, la possibilité de porter des vêtements civils et de se marier
C'est encore Maximilien qui proposa le licenciement pur et simple des officiers suspects et leur remplacement par des officiers sortis du peuple:
"Donnez donc aux soldats des chefs auxquels ils puissent obéir... Faites qu'ils puissent à la fois respecter leurs officiers, la loi et la justice."
Robespierre était alors totalement seul à soutenir cette idée. Avec ténacité, il s'y tiendra et viendra le jour où les armées de la République seront commandées par des roturiers: Jourdan, Kléber, Hoche, Marceau. .
Et il y a