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LE POUVOIR

Les factions une fois éliminées, pendant un peu plus de trois mois, la Révolution fut aux seules mains des Montagnards robespierristes.

Voilà donc la fameuse période que certains appellent "la dictature de Robespierre".

A ce moment, les pouvoirs ne se sont pas trouvées réunies dans les mains d'un seul homme, comme il est souvent dit, mais plutôt d'un seul organe. En revanche, par cette sorte de centralisme "Jacobiniste" on pourrait effectivement parler de l'autorité sans partage du Comité de Salut Public. Par un effet pyramidal, Maximilien Robespierre est apparu comme animateur et chef et c'est comme cela qu'il s'est vu accuser d'exercer une dictature.

Etrange dictature... qui se termina aussi vite par la chute et la mort du soi-disant "tyran" sous les coups d'une opposition déchaînée

Etrange dictature quand on sait que Maximilien Robespierre continuait à habiter son "deux pièces" dans la mansarde du menuisier Duplay, sans garde, sans escorte..

Etrange dictature lorsque l'on voit pourtant se profiler chaque jour un peu plus, le 9 thermidor.

Deux actions sont à comptabiliser à l'actif de Robespierre au cours de cette période

D'une part, la Fête de l'Etre Suprême, le 20 prairial (8 juin 1794) présidée par lui-même. En ce domaine, ce fervent disciple de Rousseau aura t'il au moins réalisé son rêve de toujours.

Et puis, il a accepté de contresigner la loi proposée par Couthon, dite "loi du 22 prairial" (10 juin 1794) et autrement appelée "loi de la Grande Terreur". Désormais, plus de défenseurs, plus d'interrogatoires préalables, plus de témoins. Le verdict doit être l'acquittement ou la mort. Par rapport à la Terreur, l'accent était plus mis sur la rapidité que sur la sévérité.

Or ce fut justement cette loi que vont utiliser les détracteurs de Robespierre pour mieux l'abattre

Tentatives d'assassinat, complots divers, mises en scènes, "turlupinade", tout va être fait, tant de la part du Comité de Sûreté Générale que du Comité de Salut Public pour éliminer l'Incorruptible de la scène politique.

C est d'ailleurs ce qui se passa, puisqu'au soir de la victoire de Fleurus (10 messidor - 28 juin 1794), Maximilien Robespierre partit en claquant  la porte.Il ne réapparaîtra pas, ni au Comité, ni à la Convention durant cinq semaines. Est-ce cela un dictateur ?

Cinq semaines pendant lesquelles il va promener son chien et soigner sa santé devenant de plus en plus fragile.

Ainsi, fin juin et durant tout le mois de juillet, certains vont organiser la "grande Terreur" avec un zèle acharné de manière à discréditer le plus possible Robespierre aux yeux des Français. Pourtant, fermement, Maximilien Robespierre a condamné tout emploi arbitraire de la Terreur, toute vengeance publique ou privée et aussi les exactions des représentants en mission, tous ces proconsuls qui, pour la plupart ont exercé eux, un véritable pouvoir dictatorial dans les départements. Robespierre parla d'eux en ces termes: "scélérats gorgés de sang et de rapines"

C'est Robespierre qui fit rappeler Carrier, inventeur des noyades et des "mariages républicains" à Nantes.

Celui qui a dit un jour:

"Nous ferons de la France un cimetière, plutôt que de ne pas la régénérer à notre manière

C'est Robespierre qui fit rappeler Tallien, celui qui a donné toute sa démesure révolutionnaire criminelle à Bordeaux. La haine de Tallien envers Robespierre s'est accrue en même temps que la passion qu'il éprouvait pour une jeune aristocrate intrigante: Thérésa Cabarrus.

C'est Robespierre qui fit rappeler Barras et Fréron qui avaientt exercé de terribles représailles sur les habitants de Toulon.

C'est Robespierre qui fit rappeler Fouché, responsable avec Collot d'Herbois de l'horrible répression qui a ensanglanté la ville de Lyon. "Déchristianisateur" acharné, Fouché vouait une haine implacable à l'Incorruptible..

Qui vont être les Thermidoriens, sinon Barras, Tallien, Carrier, Fréron, Fouché?

Robespierre n'acceptait pas ces exactions et tous les bourreaux qui viennent d'être cités savaient très bien ce qu'ils encouraient. Une seule solution leur restait, anéantir le révolutionnaire. Arriva alors Thermidor...