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Avril 1999       n° 10

"Le tribun de la Constituante

Troisième ouvrage de Marianne Becker

consacré à Maximilien Robespierre

Editorial  De la réalité du vice…

Il n'y a nullement de quoi s'en réjouir, mais l'on ne peut que constater l'éclosion d'une myriade " d'affaires " rapportées par les journaux au cours de ces dernières décennies.

Est-ce le mal de cette fin de siècle ? Une épidémie d'un genre nouveau qui aurait, petit à petit, rongé les cellules saines du corps social, celles de la morale et de la vertu, pour ne conserver que les plus néfastes, la corruption, la tromperie, le dopage, la tricherie.

Ne serait-ce pas plutôt, une des conséquences de la montée en puissance du pouvoir médiatique ? Au delà de l'aspect quantitatif, le problème résiderait alors au niveau de la conservation du secret.

Indéniablement, les " vedettes de Cherbourg " et les " avions renifleurs " ont largement fait des petits depuis, à l'instar de leurs célèbres aïeux tels " le Canal de Panama ", " les faux bons de Bayonne " etc…

Or, la période qui nous intéresse, à savoir la Révolution Française nous a démontré depuis longtemps qu'elle n'avait été nullement exonérée de ce type d'actions coupables. Il en est pour preuves, les " tripotages " financiers de Danton, de Fabre d'Eglantine, de Courtois, de Chabot… Là encore, la liste serait longue.

Jean-Jacques Rousseau a toujours affirmé que l'Homme est bon par nature et que c'est la société, en instaurant la notion de propriété et donc, celle de l'inégalité qui l'a corrompu.

Sans remettre en question ce droit de propriété, bien évidemment, il serait toutefois grand temps qu'une prise de conscience générale, que la morale civique et citoyenne et enfin, de justes sanctions, fassent en sorte que l'on éradique toute entreprise de convoitise, vénalité et corruption.

" Ah ! Utopie ! Utopie ! quand tu nous tiens… " diront certains. Peut être, mais il est du ressort de tous de rester probes et vigilants, ceci d'autant plus quand il s'agit du devenir même de la démocratie.

Dominique RONDELOT

" Le Tribun de la Constituante "

Troisième ouvrage de Marianne BECKER

Marianne BECKER, Présidente-fondatrice de notre Association, astrophysicienne, descendante du Conventionnel Joseph BECKER, vient de faire paraître, après mille et une péripéties, le troisième volet de son œuvre consacrée bien évidemment à Maximilien ROBESPIERRE.

Le premier livre, paru en 1989 était plus particulièrement consacré à la jeunesse, aux études et à la carrière d'avocat de Maximilien.

Le second, édité en 1990, a permit de raconter dans ses moindres détails, les faits et gestes de ce jeune député. Son arrivée à Paris, son installation à Versailles, ses premiers pas aux Etats Généraux, ses réactions devant les nombreux évènements qui se succèdent au cours de la période du 5 mai 1789 au 31 décembre 1790.

Le troisième ouvrage de cette biographie vient de voir le jour, réellement au début de cette année 1999.

Dans la suite de son œuvre, très judicieusement appelée " le Tribun de la Constituante ", Marianne BEKER a voulu mettre l'accent plus particulièrement sur les capacités, politiques, techniques mais aussi les sens universels et visionnaires de Maximilien. ROBESPIERRE , tout le temps que va durer cette Assemblée.

Comment en effet, ne pas être séduit devant le travail harassant, minutieux, qu'a pu fournir ce député, inlassablement, avec opiniâtreté, presque quotidiennement, la multitude des interventions qu'il a pu réaliser et des discours qu'il a prononcés devant la première assemblée législative (sans " L " majuscule) qu'ait pu enfin disposer le peuple français.

Dans sa préface, l'historien Claude MAZAURIC, membre de la présidence de la Société des Etudes Robespierristes, a écrit : " Ce que la France, la République, c'est à dire un Etat sans roi ni monarque, et la démocratie, dans sa double acception de démocratie politique et de démocratie sociale, doivent aux idées et à l'action de Robespierre, il ne faut jamais renoncer à le proclamer et à le faire valoir. Faire connaître qui fut Robespierre, montrer le sens de son combat au milieu des incroyables périls du temps révolutionnaire qui fut celui de sa brève existence d'homme public, est un devoir civique : mieux, c'est un devoir philosophique. Marianne BECKER est une fervente de Maximilien dont elle a lu et médité les œuvres, auprès de qui elle a cheminé sa vie durant, à Arras et en pays d'Artois, à Paris et en tous lieux où l'on évoque la figure de l'Incorruptible ".

Marianne BECKER a magistralement réussi son pari puisqu'elle a su, d'une manière des plus subtiles, associer le romanesque à l'historique, ajouter même une pincée de sentimental et de charnel, ce qui n'est pas commun chez notre homme, et surtout, relater, dans la plus grande précisions, ses brillantes interventions à la tribune, que ce soit contre le Marc d'Argent, l'esclavagisme, la peine de mort ou pour la liberté de la presse, en faveur des Avignonnais, ou enfin, ses réactions à la suite de la fuite de la famille royale.

Marianne BECKER a su s'inscrire parmi les grands biographes de Maximilien ROBESPIERRE et sa tâche reste encore entière puisqu'il lui faudra évoquer par la suite l'Assemblée Législative, la République du 10 août, la Convention Girondine, puis Montagnarde et pour finir, pour le plus grand des malheurs, Thermidorienne.

Le 20 mars 1999, à l'Hôtel " des Trois Luppars " à Arras, Marianne BECKER a présenté son livre devant des membres des Associations " des Amis de Robespierre ", du Pas de Calais et " Maximilien Robespierre pour l'Idéal Démocratique ".

Cette sympathique réunion, agrémentée d'un cocktail, a donné lieu par la suite, à un très intéressant échange de vues entre les participants.

Ce même type de rencontre sera organisé en septembre prochain dans la banlieue de Lyon.

Les enseignements d'un sondage

Lors de l'envoi du dernier Bulletin, un questionnaire avait été inséré, de manière à mieux connaître les appréciations mais aussi, les attentes des membres de l'Association.

Sur la quarantaine de formulaires envoyés, seulement douze nous ont été retournés. En valeur relative, c'est peu mais il n'empêche que ces réponses ont été riches en commentaires et ont permis de tirer un certain nombre de renseignements.

Une bonne opinion : Sans qu'il s'agisse bien sûr d'un plébiscite, l'ensemble des réponses a fait ressortir une bonne réaction quant à la présentation, à la périodicité et au contenu du Bulletin. Son rédacteur ne saura que vous en remercier. Il n'en demeure pas moins vrai que ce même rédacteur se permettra de lancer une fois encore, un appel, insistant, auprès de toutes les bonnes volontés, désireuses de prendre la plume pour présenter un sujet.

Les sujets ne manquent certes pas ! Et pourtant, les idées de sujets ne manquent pas. Voilà bien le bel enseignement de ce sondage. Voici donc, pêle-mêle, ce que recèlent les réponses fournies par les membres de notre Association, avides de renseignements et de cultures :

La période précédent 1789 ; le complot de Thermidor ; la vie de Charlotte Robespierre ; la révolte des Chouans ; la perception de Maximilien Robespierre à l'étranger ; sa santé, ses congés ; ses relations avec Fouché ; ses visions d'avenir ; les lois de Ventôse ; l'analyse du " cercle Duplay ", les épisodes de la vie quotidienne sous la Révolution (théâtres, menus, journaux, fêtes, etc…) ; le Groupe des Liégeois ; Buonarroti…

Voilà donc autant de sujets qui méritent d'être traités. Il serait donc vraiment souhaitable que certains d'entre nous se sentent tout à coup une âme de rédacteur et fassent parvenir un petit texte sur un ou l'autre des thèmes qui auront pu les inspirer.

Vient de paraître :

Fin 1998, les Editions du Rocher ont fait paraître dans le cadre d'une série intitulée " les grands noms de l'Histoire ", un ouvrage dont le titre est " ROBESPIERRE et la Révolution ". Cette brochure comportant 144 pages, publiée par " Trois Continents " est d'un prix tout à fait modique. (aux alentours de 29 Francs).

En revanche, si ce petit livre est très riche en iconographie concernant d'une manière générale, l'ensemble de la période révolutionnaire, il s'avère qu'il n'a pas franchement grand chose à voir avec Maximilien ROBESPIERRE en particulier.

Il s'agit néanmoins d'un ouvrage à posséder dans sa bibliothèque puisque la jaquette reproduit le portrait anonyme de 1793 exposé au musée Carnavalet.

Puisque ce présent bulletin est plutôt consacré à l'actualité littéraire, il paraît indispensable ici, de parler du livre écrit par Marcel JULLIAN l'an dernier et dont le titre est

" Louis et Maximilien - Deux visages de la France "   IL FALLAIT OSER !

Pour des raisons de manque de place, nous n'avions pu évoquer cet ouvrage lors de sa sortie.

Figure de proue du monde de la communication, éditeur, écrivain, scénariste, patron de chaîne de télévision, marcel JULLIAN a donc essayé de tracer un parallélisme entre le destin de deux hommes, Louis XVI et Maximilien ROBESPIERRE.

" Depuis deux cents ans, la France porte en elle deux visages qui se complètent et s'éclairent l'un par l'autre, ceux de Louis et de Maximilien ". Voici donc comment est présenté ce livre dont le sujet est plutôt d'un genre nouveau.

Ainsi, Marcel JULLIAN aborde t'il, la mort de Louis XV et de Jacqueline Carrault, la rencontre sous la pluie de Louis et Maximilien, le 15 juin 1775, les plaidoiries avancées du jeune avocat et les édits de Louis XVI relatifs à l'abolition du servage (1779) et de la torture (1780) et enfin, la rupture inéluctable entre ces " deux hommes de bonne volonté ". Tout ceci serait très bien si Marcel JULLIAN n'avait pas consacré la moitié de son livre en évoquant une hypothèse plus que tirée par les cheveux et qui relève plus du jeu de rôle que de l'étude historique.

Ainsi donc, Marcel JULLIAN exhume un livre " Robespierre der Republicaner " semble t'il paru en 1805 en Allemagne et rédigé par un certain Seiffert (ou Saiffert). Il s'agirait en fait d'un docteur, présent à Paris sous la Révolution, médecin de la princesse de Lamballe.

Le " bon docteur Seiffert " déclare tout simplement que la Cour avait envisagé de confier un poste de précepteur pour le Dauphin à Maximilien ROBESPIERRE. Ce serait alors la princesse de Lamballe, amie intime de la Reine, qui aurait servi d'intermédiaire pour toutes les tractations. Or, pour faire taire ce plénipotentiaire en jupon il n'y avait donc pas d'autre solution que de l'occire. Ce qui fut fait en septembre 1792 lors des massacres des prisons. Voici donc comment le Docteur Seiffert explique que la princesse de Lamballe soit la seule et unique femme à faire partie des victimes des Septembriseurs.

Depuis deux siècles, les auteurs nous ont habitué à voir ROBESPIERRE traité de toutes sortes de choses, schizophrène, mystique, misogyne, dictateur, homosexuel, pédophile, fétichiste… Voici donc un genre nouveau, comploteur ! Nous n'avions pas encore eu droit à ce type de révélation, relevant de la politique fiction, qui afflige plus son auteur, qu'il ne fait progresser la recherche historique.

Dominique RONDELOT